GUYANE

J’ai découvert la Guyane à l’occasion d’une invitation du Ministère de la Jeunesse et des Sports pour donner un stage de Danse Contemporaine à Cayenne. En outre j’avais pour m’y accueillir, ma soeur et c’est là-bas que j’ai rencontré mon deuxième mari, j’y ai donc tissé des liens affectifs. Je dois reconnaître que la Guyane m’a ouvert ses bras et que j’ai été très choyée et chanceuse : peut-être ai-je provoqué cette chance?

 

 J’ai découvert un pays étonnant, petit point de suspension au nord de l’Amérique du Sud, perdu dans la forêt amazonienne, avec sa mosaïque de races et de langues, tous citoyens français ! Curieusement les populations créoles craignent cette immense forêt mystérieuse et préfèrent rester sur la côte océanique. Mais grâce à mon mari, j’ai pu découvrir avec émerveillement l’intérieur du pays, sa jungle profonde, ses fleuves majestueux et ses populations autochtones (Amérindiens, Djuka, nègres marrons ainsi que les Hmongs…).

Ce fut dans la contemplation et le ravissement de cette nature encore” vierge”, que j’ai souvent puisé mes sources d’inspiration pour mes créations : Maroni, sur le langage gestuel des piroguiers du fleuve avec leurs longs takaris ; Pas…ludismes et certaines Danses d’Inspiration traditionnelle (ces danses re-contextualisées dans un monde et un langage contemporain ayant fait d’ailleurs couler beaucoup d’encre (voir Presse sur Tradition et Modernité ). Après avoir reformé mon Groupe de Danse contemporaine et avoir monté un PAE de Danse au collège Nonnon, je fus invitée par le Directeur de “l’Ecole Nationale de Musique et de Danse” de Cayenne Mr Serge Long Him Nam, pour y créer, enseigner et diriger le département Danse. Toujours fortement appuyée et encouragée par cette institution, je pus développer efficacement mon travail pédagogique et artistique, souvent en collaboration avec les départements” Musique” et “Chant”. Nous formions des équipes soudées, créatives et enthousiastes !

Bien sûr, j’ai dû revoir et re-adapter mon expérience parisienne et universitaire à une autre forme de culture où le corps prend d’autres significations, plus pudiques peut-être mais aussi plus sacrées (les remises en questions sont toujours salutaires !). Mes créations furent nourries d’un nouvel imaginaire, bien loin de mes pensées et préoccupations occidentales ; ce fut comme une nouvelle vision du monde !

Soutenue et encouragée par l’IPR des Antilles Guyanes (Mr Claude Desson), j’ai pu à cette époque (fin des années 90) développer mes recherches sur la Transformation des Danses traditionnelles en langage contemporain , ainsi que sa légitimation dans les contenus d’enseignement, puis introduire” l’option Danse” au Baccalauréat à la suite de travaux présentées lors des trois Universités d’Été des Antilles Guyanes (voir “livres et publications”).

Avec le GDC nous décrochons en 2000 un 1er prix de chorégraphie au FIDA (Festival International de Danse d’Amazonie), à BELEM (Brésil). Ensuite beaucoup d’échanges , de rencontres, et d’amitiés fidèles avec Marlene Li a Ling du Suriname et Jaime Amaral du Brésil , avec lesquels j’eus l’idée d’une petite tour de Babel de la Danse dans une région aux cultures multiples : la Compagnie de Danse d’Amazonie rassemblant trois pays et parlant quatre langues, dans un but de Coopération Artistique Transfrontalière ( voir Cie de Danse D’Amazonie). Beaucoup d’enthousiasme, d’engagement et de solidarité , à travers le langage du corps, véhicule de communication immédiate et spontanée entre nous à chaque retrouvaille pendant les tournées ou les spectacles et dans le “ le vivre ensembles”.

Des talents conjugués, l’appui logistique de L’ENMD les financements des Fonds Européens et du Conseil Régional Guyane, nous permirent, pendant presque 10 ans , d’accroître notre rayonnement culturel dans plusieurs pays du Bassin Amazonien pour finalement trouver un quatrième partenaire : l’Uruguay avec mon arrivée à Montevideo et l’invitation de l’Alliance française . mais ceci est une autre histoire..

 

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Español 

 

Guyana Francesa

Descubrí la Guyana francesa a través de una Invitación del Ministerio de la Juventud y Cultura par dar “Masters Clases” y Talleres de creación en Cayenne. Además tenía mi hermana para darme la bienvenida, y es allí que encontré mi segundo marido, creando así vínculos afectivas. Tengo que reconocer que la Guyana me abrió sus brazos, y que fui muy “mimada”, con mucha suerte, pero puede ser que provoqué la suerte! Descubrí un país increíble de belleza, perdido en la selva amazónica, un punto de suspensión al norte de América del Sur, con su mosaico de razas y lenguas, todos con ciudadanía francesa!

Curiosamente, las poblaciones criollas temen esta inmensa selva tan misteriosa, y prefieren quedarse a orillas de la costa atlántica. Pero gracias a mi marido pude descubrir con maravilla, el interior del país, su jungla profunda, sus ríos majestuosos y sus poblaciones autóctonas (amerindios, djukas, negros cimarrones y también los Hmongs).

Fue en la contemplación y el encanto de esta naturaleza todavía “virgen” , de las que saqué, muchas veces, mis fuentes de inspiración para mis creaciones: Maroni, sobre el lenguaje gestual de los piraguas del Río, con sus largos Takaris, Pas..ludismes con su calor húmedo y mosquitos. Y ciertas Danzas de Inspiration Traditional (estas danzas re-contextualizadas hicieron escándalo (ver prensa: Tradition et Modernité).

Después de re-actualizar mi Groupe de Danse Contemporaine y después de montar un PAE (proyecto educativo en Danza) en el collegio E. Nonnon, fue invitada por el Director de la Escuela Nacional de Música y Danza de Cayenne (ENMD): Mr Serge Long Him Nam, a crear, enseñar y dirigir el Departamento Danza: Siempre altamente apoyada y fomentada por esta Institución pude desarrollar con eficacia, mi trabajo pedagógico y artístico, con la colaboración muchas veces de los departamentos de Música y Canto. Formábamos equipos unidos, creativos y entusiastas!

Poniendo en cuestión mis conceptos, tuve que re adaptar mi experiencia parisina y universitaria a otra forma de cultura, donde el cuerpo y el alma toman otra significación, más púdica, puede ser, pero también más sagrada.

Mis creaciones se alimentaron de un nuevo imaginario, muy lejos de mis pensamientos y preocupaciones “occidentales”: fue como una nueva visión del mundo!

Estimulada y fomentada por el IPR des “Antilles Guyanes”: Mr Claude Desson, desarrollé, a esta época (fin de los años 90) mis investigaciones y realizaciones sobre la “Transformation” de las Danzas tradicionales en lenguaje contemporáneo, que tuvo su legitimación en la área de la Danza, a través de trabajos presentados en las 3 universidades des Antilles Guyane (ver libros y publicaciones), más tarde pude introducir la “Opción Danza” al bachillerato.

Con el GDC, recibí, en 2000 el 1er Premio de coreografía al FIDA ( Festival Internacional de Danza de Amazonia ) a BELEM (Brasil), y después, fueron muchas invitaciones, encuentros , intercambios y amistades fieles, sobre todo con los Artistas Marlene Li A Ling del Surinam Y Jaime Amaral de Brasil : con ellos , me vino la idea de construir una pequeña Torre de Babel de la Danza en una región de múltiples culturas :así nació la Compagnie de danse d’Amazonie con 3 países (Guyana , Suriname y Brasil) , donde se hablaban 4 lenguas , en un proyecto de Cooperación Artística Transfrontaliera (ver Cie de Danse d’Amazonie) : una gran familia con mucho entusiasmo, talento y solidaridad en un lenguaje universal del cuerpo y donde la comunicación era inmediata y espontánea , a cada reencuentro y gira, para disfrutar del “ vivir juntos ”.

Con estos talentos , con el apoyo logístico de la ENMD y el financiamiento de los Fondos Europeos y Conseil Régional de la Guyane ,pudimos desarrollar, durante casi 10 años , una difusión artística en muchos países de la Región hasta finalmente encontrar un cuarto partenaire : el Uruguay, con mi llegada en Montevideo y la Invitation de la Alianza Francesa . pero esto es otra historia…