FRANCE

Je suis née à Bordeaux, au milieu des vignes, dans une famille d’enseignants et d’artistes (grand père : chef d’orchestre). Dès l’âge de deux ans, je valse en mesure sur la table familiale. Encouragée par mes parents, prenant quelques cours, je développe précocement ma vocation en improvisant et en composant, enfant, des chorégraphies pour les fêtes de fin d’année de notre école, avec toute leur confiance. Petite provinciale je rêve de “monter” à Paris et je me lance ! Pour me retrouver dans la capitale, dansant dans la mouvance des courants artistiques d’Avant Garde de l’époque (arts visuels, musique concrète, théâtre ..).

 

 

Je rencontre des sculpteurs, des peintres, des musiciens, photographes et comédiens), éblouie par toute cette créativité contestataire qui annonce Mai 68. Après avoir décroché un diplôme universitaire à l’ENSEP, je suis très vite nommée Professeur de Danse Contemporaine à l’Université de Paris V, après un long séjour à New York à la Graham School… C’est le temps des “performances” où nous dansons dans les Musées, des Happenings (en particulier avec Sarah Pardo et Alejandro Jodorowsky) et d’une remise en question totale de toute forme d’art. Mai 68 et sa grande fracture idéologique annonce aussi de grands bouleversements politiques, et c’est alors que je rencontre, dans les compagnies ou je danse, des danseurs exilés d’Amérique latine. Je m’associe avec Richarth Sosa, danseur uruguayen, pour fonder le Groupe de danse contemporaine : c’est l’époque de la militance et c’est à la “Cartoucherie de Vincennes” d’Ariane Mnouchkine que nous dansons souvent dans ces années 70 pour lutter contre les dictatures de nombreux pays d’Amérique du sud. (Reportage, Flash, Éric et Nous).

Étant professeur à l’Université, je me retrouve aussi à la tête des mouvements contestataires étudiants, dirigeant des commissions universitaires pour fonder la nouvelle “Université des Arts”, faisant des dizaines de kilomètres à pied pour assister aux réunions. Il y avait une atmosphère permanente de fête, avec notre joie, notre enthousiasme, persuadés que nous allions changer le monde ! Mes chorégraphies reflètent l’esprit de l’époque (Reportage, Eric et nous, femme et publicité).

A l’Université j’affirme mes choix, j’incite à l’expérience, en proposant officiellement de faire suivre mes cours techniques par des “ateliers de création”, où chacun peut s’exprimer. Le travail de ces ateliers débouchera sur la création de la Compagnie de Danse Universitaire René Descartes.
Parallèlement, Yuriko, la danseuse phare de la “Graham Company”, m’invite à enseigner et à danser dans sa compagnie qu’elle installe à Paris dans le cadre du CID (Centre International de la Danse).

A cette époque je découvre un nouveau mode d’expression avec le Théâtre, en prenant régulièrement des cours à l’Ecole de Tania Balachova (artiste émigrée russe de grande renommée pour la méthode Stanislavsky) et je décide de travailler la Danse avec des textes et l’usage de la parole pour les danseurs (les Bonnes, Nostalgies, etc), passionnée par la relation ”mouvement-son”. En outre, je suis souvent invitée à l’étranger pour donner des Masters Classes et présenter mes chorégraphies, (ce qui me donne le goût de voyages) : les années 80 sont pour moi, une période riche en rencontres, voyages et expériences nouvelles.

C’est à PARIS que j’affirme ma formation, ma vocation artistique et pédagogique, tout en remettant en question la place de la Danse dans le monde des arts. Mais défiant mon confort artistique, je me sens prête alors à quitter ma ville, pour me jeter à corps perdu dans le vaste monde, à travers les océans, armée de mon petit mais solide bagage, pour faire de nouvelles expériences (non sans curiosité), à travers la création et la transmission.

 

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Español 

Nací en BORDEAUX, en medio del viñedo, en una familia de artistas y profesores (abuelo director de orquesta). A los dos años bailaba al ritmo de un valse sobre la mesa familiar. Fomentada por mis padres, tomo algunas clases de ballet y desarrollo  precozmente mi vocación, creando en plena confianza, pequeñas coreografías para las fiestas de fin de año de la escuela de mis padres. La pequeña provinciana que era soñaba con ir a PARÍS, ¡capital del arte! Así que decido viajar allí. Rápidamente me integro a la movida artística de vanguardia de la época (Artes visuales, música concreta, teatro, happenings…). Me encuentro con escultores, pintores, músicos, actores y fotógrafos famosos, deslumbrada por toda esta actividad contestataria que anunciaba el Mayo del 68.

Después de obtener un diploma universitario de la ENSEP (PARÍS) y de una larga estadía en la Graham School de NEW YORK, fui muy rápidamente nombrada profesora de Danza Contemporánea en la Universidad de Paris V. Es la época de las performances, donde bailamos en lugares informales, haciendo happenings (ver Alejandro Jodorowsky y Sarah Pardo) en una deconstrucción total de toda forma de arte. Mayo del 68 y su fractura ideológica anuncia también grandes cambios políticos y es en ese momento que me encuentro con bailarines exiliados de toda américa latina en las compañías donde bailaba (Francia era un gran país acogedor de exiliados políticos). Junto a Richarth Sosa, bailarín uruguayo, formamos Le Groupe de Danse Contemporaine. Son tiempos de militancia y es en la Cartoucherie de Vincennes de Ariane Mnouchkine que bailamos a modo de lucha contra las dictaduras de muchos países de América del Sur, durante los años setenta.

Siendo profesora de la Universidad, me encuentro a la cabeza de los movimientos estudiantiles contestatarios, organizando coloquios y seminarios universitarios para crear la nueva “Universidad des Arts”. Había una permanente atmósfera de fiesta en estos años, mucha alegría, entusiasmo, y ¡creíamos que podíamos cambiar el mundo! Mis obras reflejan el espíritu de la época (Flash, Reportaje, Eric et nous).

En la Universidad reafirmo mis decisiones, estimulando lo experimental y proponiendo a la institución ”Talleres de creación”, por primera vez, asociados a mis clases de técnica, donde cada uno puede expresar su creatividad. Del trabajo en estos talleres nació la Compagnie de Danse Universitaire René Descartes.

En paralelo, mi maestra Yuriko, la gran bailarina de la Graham Company, me invita a bailar en su Compañía y a enseñar en la escuela que establece en PARÍS, a través del CID (Centre International de la Danse).

Después de tomar regularmente las clases de teatro en la Escuela de Tania Balachova (Método Stanislavski) y fascinada por la relación sonido-movimiento, comienzo a introducir textos en mis obras y el uso de la palabra en los bailarines (Les Bonnes, Nostalgie). Durante los años 80, fui invitada frecuentemente para dar Masters clases y bailar en países extranjeros, incrementando mi gusto por los viajes. Fue una época muy fértil de encuentros, viajes, creaciones y militancia.

Es en PARÍS donde reafirmo mi formación, mi vocación artística y pedagógica, siempre cuestionando cuál es el lugar de la danza en el mundo de las artes. Pero, desafiando mi zona de confort universitaria, me sentí pronta para dejar mi ciudad, soltar amarras y lanzarme al mundo a través de los océanos, con mi pequeño pero sólido equipaje y mi indócil curiosidad, para descubrir otros mundos y hallar nuevas experiencias a través la creación y la transmisión de conocimientos.